Le nouveau gouvernement de Serbie pro-europeen
2004-05-14

Vojislav Kostunica a présenté mardi 2 Mars son gouvernement de Serbie, qui, a-t-il dit, devra poursuivre une voie européenne alors que son fonctionnement sera dépendant des députés nationalistes proches de l'ex-homme fort de Belgrade, Slobodan Milosevic.

Lors d'une allocution devant le parlement qui doit avaliser la formation du cabinet, M. Kostunica a estimé qu'il n'y avait "pas d'autre alternative" que l'intégration européenne. "La Serbie créera une stratégie nationale de rapprochement vers l'Union européenne", a-t-il dit.

Pour atteindre cet objectif, M. Kostunica devra néanmoins s'appuyer sur une majorité parlementaire fragilisée par la présence en son sein des élus du SPS (Parti socialiste) dont M. Milosevic est toujours président.

Le soutien du SPS à la nouvelle coalition gouvernementale --Parti démocratique de Serbie (DSS) de Kostunica, G-17 Plus de Miroljub Labus, et alliance SPO-NS (Mouvement serbe du Renouveau/Nouvelle Serbie)-- est loin d'être inconditionnel.

L'un des responsables du SPS, Milorad Vucelic, a déclaré que son mouvement "ferait tomber le gouvernement" si ce dernier décide de transférer au TPI les quatre généraux serbes que lui réclame depuis octobre la juridiction de l'Onu.

Or, le strict respect des obligations de la Serbie envers le TPI subordonne une réelle normalisation des relations entre Belgrade et les capitales occidentales.

Sans remettre explicitement en cause la coopération avec le TPI, M. Kostunica, très méfiant envers la juridiction de l'Onu, a fait à nouveau valoir sa préférence pour que ses compatriotes inculpés puissent être, à l'avenir, jugés en Serbie.

Avant d'entrer en fonction, le nouvel exécutif de Serbie, qui comprend 19 membres, doit être confirmé par le parlement (250 députés) lors d'un vote qui n'interviendra qu'au terme d'un long débat: pas moins d'une cinquantaine de députés doivent prendre la parole.