Trois pièces du dramaturge russe Evguéni Grichkovets à l’Atalante, du 26 novembre au 30 décembre. Réduction pour les amis du COLISEE
2008-09-14

NB. Sauf pour les deux représentations du 5 et 6 décembre 2004, toute personne se recommandant du COLISEE bénéficiera du tarif réduit, c'est-à-dire 11,50 euros au lieu de 19 euros la place. Il suffit de présenter à l'accueil/billetterie de L'Atalante la présente annonce.



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"La ville"


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"Comment j’ai mangé du chien"



- En alternance du 26 novembre au 30 décembre 2004
- Du Lundi au Samedi à 20 h 30
- Dimanche à 17 h
- Relâche les Mardis 30 novembre 7, 14 décembre
- Ainsi que le vendredi 24 et samedi 25 décembre 2004.

Un homme veut quitter sa ville, sa famille et tout ce qui faisait sa vie d’avant, pour une «durée indéterminée» (

La ville

). Un autre, qui pourrait être le même, retrouve le temps perdu, celui de son épique service militaire dans la flotte russe du pacifique (

Comment j’ai mangé du chien

). Décalée dans le théâtre contemporain, quelque part entre les mondes de Tchekhov et de Woody Allen, l’écriture du russe Evguéni Grichkovets est ici représentée par deux de ses meilleures pièces, jouées pour la première fois en français.

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"En même temps"


Spectacle en langue russe avec traduction simultanée : les 5 et 6 décembre 2004

Comment raconter tout ce qui lui vient à l’esprit en même temps ? Evguéni Grichkovets s’y essaye et déploie sous nos yeux ébahis le monde compacté de sa mémoire, de ses désirs, de ses sensations. Deux représentations exceptionnelles d’un spectacle qui a fait le tour du monde.

L’écriture d’Evguéni Grichkovets nous parle de toutes petites choses que nous reconnaissons, dont nous rions, et puis finit par nous emporter ailleurs, on ne sait où. Un ailleurs encore très proche, notre secret.

À l’Atalante


- Direction Alain Alexis Barsacq
- 10, place Charles Dullin 75018 Paris. Métro : Anvers, Pigalle, Abbesses.
- Tél. 01 46 06 11 90

Présentation des trois pièces



C’est en funambule du verbe et du coq-à-l’âne que le narrateur de

Comment j’ai mangé du chien

chemine sur le fil zigzagant de ses souvenirs et de ses rêveries, en équilibre précaire au-dessus du non-sens qui menace de l’engloutir à tout instant. Engoncé dans son uniforme de marin, s’adressant à la fois à lui-même et au public, il fait le récit déconcertant d’un « moi » à présent lointain, d’un autre lui-même qui, durant sa jeunesse, passa trois années aussi épiques que surréalistes dans la flotte russe du Pacifique. La remémoration de cette expérience du temps perdu suscite en lui un étonnement virtuose – à la Buster Keaton – qui, au-delà de la toujours réjouissante satire de la vie militaire, jette une lumière souvent amère sur les métamorphoses du moi et l’inéluctabilité du temps qui passe. Mine de rien, cette déambulation hésitante, d’une maladresse désarmante – et donc hilarante –, à travers les petits riens du quotidien débouche sur une forme de métaphysique désenchantée de l’indécision et du flou : car, en définitive, quel sens donner à tout cela ? C’est comme vous voulez, conclue-t-il.


La Ville

, pièce à cinq personnages, décline cette même thématique du doute et de l’incertitude en élargissant le cercle de la parole. Un homme s’emploie à expliquer les raisons pour lesquelles il a l’intention de quitter la ville où il réside, et donc à abandonner sa famille et renoncer à tout ce qui a fait sa vie jusqu’alors. Il s’adresse d’abord au public, puis à son ami, à sa femme et, enfin, à son père. Mais pourquoi s’acharne-t-il à parler autant ? On comprend peu à peu que tandis qu’il s’efforce d’expliciter ses motivations, se fait jour une autre vérité, que lui-même entrevoit fugacement en même temps que le spectateur. Après un monologue dans lequel sa femme dit sa manière de comprendre ou de ne pas comprendre sa propre vie, la pièce se termine sur une courte conversation entre l’homme et un chauffeur de taxi qui le mène on ne sait où.

En quête de lui-même, dans

En même temps

, un homme fait l’inventaire du bric-à-brac de sensations, d’images et de souvenirs qui se bousculent dans son esprit, détaille, schéma à l’appui, les différentes parties de son corps... mais ne parvient pas à se trouver. Stupeur et vertige de l’être qui se découvre exclu de l’ordre des choses, peut-être même de sa propre biographie : « Et où je suis MOI ? Enfin... MOI ? » Qu’on imagine la rencontre de Heidegger, Proust et Woody Allen autour d’une table de dissection pour avoir une idée de la force explosive de ce solo à pleurer de rire.

L’Auteur



Bien qu’il récuse les appellations d’auteur, metteur en scène et comédien au profit de celles de « nouveau sentimentaliste » ou de « néo-romantique urbain », il est indiscutable que Evguéni Grichkovets écrit, met en scène et joue. Il est né en 1967 à Kemerovo, en Sibérie. Après son service militaire dans la flotte soviétique du Pacifique, il étudie la philologie russe à l’université de Kouzbass, où il fonde en 1990, avec quelques complices, une compagnie de théâtre, qu’il dirige pendant dix ans et avec laquelle il monte plus de vingt créations collectives à partir d’improvisations. Invité au Festival du Nouveau Théâtre Européen (NET) de Moscou en 1998, il y présente son monologue Comment j’ai mangé du chien, qui fait sensation. En 1999, il crée En même temps dans le cadre de ce même festival. En 2000, il reçoit le prix russe « Antibooker », puis les prix d’innovation et de la critique décernés par le jury du Festival National Masque d’Or, ce qui marque le début de son succès triomphal en Russie et de sa carrière internationale. Il est découvert en France en 2001 dans le cadre du projet Miroir Est-(Ou)est. Il sera ensuite accueilli par le Festival de Nancy, le Festival d’Avignon et le Festival d’Automne à Paris. En janvier 2002, il crée La Ville au théâtre « Studio Tabakov » à Moscou.


Le Metteur en scène



Depuis la création de sa compagnie ATS,

Patrick Haggiag

a effectué durant une vingtaine d’années un parcours assidu dans la fréquentation des textes et leur mise à l’épreuve du plateau. Inauguré avec Feuilles de route de Blaise Cendrars, ce cheminement s’est accompli en marge de deux longues escales : dix ans au service de la création à la Comédie Française (1981-1991) suivis de cinq années de collaboration artistique à l’Odéon-Théâtre de l’Europe (1991-1996), comme assistant de Lluís Pasqual et de Patrice Chéreau. Ses mises en scène témoignent à la fois d’une grande fidélité – la littérature yiddish, les écritures anciennes, Botho Strauss – et d’une volonté permanente de renouvellement – William Congrève, Molière, Tchekhov, Eduardo Manet, Robert Musil. Récemment, il a monté Le Canard sauvage de Henrik Ibsen, repris en mars 2004 au CDN de Gennevilliers. Parallèlement à son activité de metteur en scène, Patrick Haggiag est chargé de cours au département d’études théâtrales de l’université Paris-III.