Présentation : "Les formes du civisme en Russie post-soviétique"
2011-11-18

Dans le cadre de l'EHESS,

Françoise Daucé

préséntera

- ses travaux composés d’une synthèse (volume 1 : S’engager en société. Les formes du civisme en Russie post-soviétique), d’un mémoire de recherche dactylographié (volume 2 : Façonner la société civile en Russie. Des discours politiques aux pratiques associatives) et d’un recueil d’articles publiés (volume 3),

- le mercredi 23 novembre 2011, à 9h30,

- salle du Conseil A, Bâtiment Le France, niveau -1, 190-198 avenue de France, Paris 13ème (Métro Quai de la gare).

Le jury d'habilitation à la direction de recherches sera composé de :
- Risto Alapuro (Professeur à l’Université d’Helsinki),
- Alain Blum (Directeur d’études à l’EHESS - garant),
- Dominique Colas (Professeur à l’Institut d’études politiques de Paris),
- Jean-Robert Raviot (Professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre),
- Kathy Rousselet (Directrice de recherche au CERI),
- Laurent Thévenot (Directeur d’études à l’EHESS).


Résumé du mémoire de recherche



Depuis la disparition de l’URSS, les questionnements sur la « société civile » ont été nombreux en Russie en raison des enjeux politiques et sociaux liés à l’usage de ce concept. Issu de la philosophie politique, ce terme a été utilisé abondamment par les responsables politiques, par les journalistes, par les militants associatifs et par les chercheurs pour décrire les pratiques collectives au sein de la société russe. Dans une première partie (I - L’espoir de l’émancipation), cette recherche propose de resituer le concept de « société civile » dans l’historiographie de la Russie et de l’URSS depuis la période pré-révolutionnaire jusqu’à la période post-soviétique. Cette socio-histoire du concept montre qu’il a été utilisé en Russie pour qualifier des pratiques sociales et politiques extrêmement diverses, susceptibles de toutes les appropriations à la chute de l’URSS. La deuxième partie (II - La civilité de l’oppression) est consacrée à l’instrumentalisation politique du concept de « société civile » dans la Russie contemporaine, et notamment à son appropriation par le régime politique de Vladimir Poutine. Elle analyse les discours officiels sur le renforcement de la « société civile » et les initiatives institutionnelles que cette référence engendre. Une troisième partie (III - Les compromis au quotidien) place en regard de ces usages politiques les pratiques sociales au concret qui caractérisent les associations russes aujourd’hui et leurs relations avec l’administration. Dans un contexte non-pluraliste, les associations trouvent des modalités de conciliation avec les représentants de l’Etat soucieux de bénéficier de leur savoir-faire et de leur expertise. Au nom de la « société civile » et des institutions qui l’incarnent (Chambre sociale, Conseil pour les droits de l’homme, maisons des associations…), des coopérations se nouent entre les militants associatifs et les services de l’Etat. A l’issue de ce travail de recherche, il apparaît ainsi que le concept de « société civile » n’a pas tant servi à « démocratiser » la Russie qu’à l’administrer aujourd’hui.